Une lettre de démission mal rédigée peut retarder un départ, créer un litige sur la date de fin de préavis ou fragiliser la relation avec l’employeur jusqu’au dernier jour. Le modèle de lettre de démission proposé ici couvre les mentions que le droit du travail impose au salarié, qu’il s’agisse d’un CDI ou d’un CDD. L’objectif : fournir un exemple gratuit, directement utilisable, dont chaque formulation a été vérifiée par un juriste.
Ce qui rend une lettre de démission juridiquement valide en 2026
Aucun article du Code du travail n’impose de rédiger une lettre pour démissionner. La démission peut être orale. Le problème, c’est la preuve : sans écrit, l’employeur peut contester la volonté claire et non équivoque du salarié, et le conseil de prud’hommes requalifier la situation.
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La lettre sert donc avant tout à fixer trois éléments factuels : l’identité du salarié, la volonté explicite de rompre le contrat de travail, et la date à laquelle le préavis commence à courir. Sans ces trois mentions, le courrier perd sa fonction probatoire.
Un point souvent négligé : la date de remise du courrier détermine le point de départ du préavis, pas la date inscrite en haut de la lettre. C’est la date de première présentation du recommandé ou la date de remise en main propre qui fait foi. Confondre les deux peut décaler le départ de plusieurs jours.
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Modèle de lettre de démission CDI : texte complet à copier
Le modèle ci-dessous respecte les exigences du droit du travail français. Il s’adapte à une démission classique avec préavis, le cas de figure le plus fréquent pour un salarié en CDI.
| Élément | Contenu à personnaliser |
|---|---|
| En-tête expéditeur | Prénom, nom, adresse, téléphone, e-mail |
| Destinataire | Nom du responsable ou du service RH, adresse de l’entreprise |
| Objet | Démission de mon poste de [intitulé du poste] |
| Corps – paragraphe 1 | Je vous informe par la présente de ma décision de démissionner du poste de [intitulé] que j’occupe depuis le [date d’entrée]. |
| Corps – paragraphe 2 | Conformément aux dispositions de ma convention collective (ou de mon contrat de travail), mon préavis d’une durée de [durée] débutera à la date de réception de ce courrier, fixant mon départ au [date estimée]. |
| Corps – paragraphe 3 | Je reste à votre disposition pour organiser la transition durant cette période. Veuillez agréer, [formule de politesse]. |
| Signature | Signature manuscrite + prénom et nom |
Chaque champ entre crochets doit être remplacé par les données réelles du salarié. Le modèle fonctionne tel quel pour un envoi en recommandé avec accusé de réception ou pour une remise en main propre contre décharge.

Durée de préavis selon le contrat de travail et la convention collective
La durée du préavis ne figure pas dans le Code du travail de manière uniforme. Elle dépend de la convention collective applicable, du contrat de travail individuel et parfois de l’ancienneté du salarié dans l’entreprise.
- Pour un employé en CDI, la convention collective prévoit le plus souvent une durée d’un mois. Les cadres sont généralement soumis à un préavis de trois mois.
- Pendant la période d’essai, le délai de prévenance est beaucoup plus court (de quelques heures à quelques jours selon la durée déjà effectuée), et une lettre formelle n’est pas toujours exigée.
- En CDD, la démission n’est en principe pas possible sauf cas limitatifs : embauche en CDI ailleurs, faute grave de l’employeur, force majeure ou accord entre les parties.
Vérifier sa convention collective avant de rédiger la lettre permet d’indiquer la bonne durée de préavis et d’éviter un litige sur la date de départ. Le site du Code du travail numérique permet de retrouver sa convention à partir du nom de l’entreprise ou du code NAF.
Dispense de préavis : deux scénarios distincts
Le salarié peut demander à l’employeur une dispense de préavis. Si l’employeur accepte, le contrat prend fin à la date convenue et aucune indemnité compensatrice n’est due par le salarié.
En revanche, si l’employeur impose la dispense de préavis de sa propre initiative, il doit verser au salarié l’indemnité compensatrice correspondant à la rémunération qu’il aurait perçue pendant la durée du préavis. La distinction entre dispense demandée et dispense imposée change le solde de tout compte.
Erreurs fréquentes qui fragilisent la lettre de démission
Plusieurs formulations, pourtant courantes dans les modèles en ligne, posent des problèmes concrets lors de la rupture du contrat.
Mentionner un motif de départ n’est pas obligatoire, et c’est souvent déconseillé. Un motif mal formulé (pression, conditions de travail dégradées) peut être retourné par l’employeur pour plaider que la démission n’était pas libre et non équivoque, ouvrant la voie à une requalification en prise d’acte de la rupture.
Ne jamais indiquer de motif sauf si un juriste a validé la formulation. Le modèle fourni ci-dessus n’en contient volontairement aucun.
Autre erreur : envoyer la lettre par e-mail simple. Un courriel sans accusé de réception ne permet pas de prouver la date de remise. Le recommandé avec accusé de réception reste le mode d’envoi le plus sûr. La remise en main propre fonctionne aussi, à condition de faire signer une décharge datée par l’employeur.
Lettre de démission et droit aux allocations chômage
La démission ne donne pas droit aux allocations chômage, sauf dans des cas précis qualifiés de « démission légitime » par le règlement d’assurance chômage. Parmi ces cas : le suivi du conjoint qui déménage pour un emploi, les violences conjugales, ou encore le projet de reconversion professionnelle validé par une commission paritaire.
Un salarié qui démissionne sans motif légitime peut demander un réexamen de sa situation après un délai de recherche d’emploi. La lettre de démission elle-même n’a pas d’impact sur ce droit, mais le motif éventuellement mentionné peut compliquer l’instruction du dossier.

Le modèle présenté dans cet article couvre la situation standard d’un salarié en CDI qui respecte son préavis. Pour une démission pendant un arrêt maladie, une rupture de CDD ou un départ négocié, les règles changent suffisamment pour justifier un courrier adapté. Dans tous les cas, la date de remise du courrier reste l’élément déterminant : c’est elle, et non la date du courrier, qui déclenche le préavis et fixe la date effective de départ de l’entreprise.

