Le calcul des jours travaillés en 2026 ne se résume pas à soustraire les fériés et les week-ends du calendrier. Dans la fonction publique, la base de référence n’est pas un nombre de jours, mais un volume horaire annuel : 1 607 heures pour un agent à temps complet, journée de solidarité incluse. Ce cadre, commun aux trois versants (État, territoriale, hospitalière), produit des résultats sensiblement différents de ceux du secteur privé.
Les mécanismes de congés, de réduction du temps de travail et d’annualisation obéissent à des règles propres qui modifient le décompte final.
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Volume horaire contre jours ouvrés : deux logiques de calcul à distinguer
Dans le secteur privé, la plupart des simulateurs partent d’un décompte en jours ouvrés. On retire les samedis, dimanches, fériés tombant en semaine et les congés payés pour obtenir un solde de jours travaillés. Le résultat couramment avancé pour 2026 tourne autour de 227 jours travaillés sur une base 35 heures, avant déduction des congés individuels.
La fonction publique fonctionne autrement. La référence réglementaire fixe 1 607 heures annuelles, ce qui correspond à 35 heures hebdomadaires en moyenne. Le passage de ce volume horaire à un nombre de jours dépend du cycle de travail adopté par chaque administration ou collectivité.
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Un agent qui travaille 7 heures par jour sur 5 jours atteint 1 607 heures en environ 229,5 journées. Un agent en cycle de 7 h 48 sur 4,5 jours par semaine arrive à un nombre de journées inférieur, mais avec davantage de jours de repos compensateurs. Le nombre de jours réellement travaillés varie donc d’un service à l’autre, même à volume horaire identique.

Congés et jours de réduction dans la fonction publique en 2026
Le socle de congés annuels dans la fonction publique est fixé à 25 jours pour un agent à temps complet. À cela s’ajoutent, selon les cas, des jours de fractionnement (un ou deux jours supplémentaires liés à la période de prise des congés) et des autorisations spéciales d’absence (ASA) pour événements familiaux ou obligations civiques.
La différence la plus visible avec le privé concerne les jours de réduction du temps de travail. Lorsque le cycle de travail dépasse 35 heures hebdomadaires, l’agent génère des jours de RTT dont le nombre est calibré pour ramener la durée annuelle effective à 1 607 heures. Un cycle à 38 heures par semaine produit nettement plus de RTT qu’un cycle à 36 heures.
| Cycle hebdomadaire | Heures quotidiennes (5 jours) | Effet sur les jours de RTT |
|---|---|---|
| 35 h | 7 h | Aucun jour de RTT généré |
| 36 h | 7 h 12 | Quelques jours de RTT par an |
| 37 h | 7 h 24 | Volume intermédiaire de RTT |
| 38 h | 7 h 36 | Volume plus élevé de RTT |
| 38 h 30 | 7 h 42 | Proche du maximum courant dans la FPE |
Le solde final de jours travaillés diminue à mesure que le cycle hebdomadaire augmente, puisque les RTT compensent les heures excédentaires. Un agent à 38 h 30 travaille moins de jours qu’un agent à 35 h, bien qu’il passe plus d’heures au bureau chaque journée travaillée.
Annualisation des agents en milieu scolaire : un calcul à part
Les agents territoriaux affectés aux écoles (ATSEM, agents d’entretien, animateurs périscolaires) constituent un cas particulier rarement abordé dans les simulateurs classiques. Leur temps de travail est annualisé : les 1 607 heures sont réparties sur les seules semaines d’activité scolaire, ce qui modifie radicalement le décompte.
Un ATSEM travaille typiquement sur 36 semaines scolaires, avec des journées plus longues que la moyenne. Les semaines de vacances scolaires ne sont pas travaillées, mais ne comptent pas non plus comme congés annuels. Le nombre de jours réellement travaillés descend alors bien en dessous du chiffre standard.
- Les 1 607 heures sont concentrées sur les périodes scolaires, ce qui allonge la journée type par rapport à un agent en cycle classique.
- Les congés annuels (25 jours) sont positionnés sur les vacances scolaires, réduisant la période de disponibilité non travaillée mais sans modifier le volume horaire dû.
- Les jours de fractionnement et les ASA restent applicables, mais leur positionnement est contraint par le calendrier scolaire de la collectivité.
Pour ces agents, le nombre de jours travaillés en 2026 dépend directement du calendrier académique et de la délibération de la collectivité sur l’organisation du temps périscolaire.
Écarts entre référence légale et durée effective dans les collectivités
La norme des 1 607 heures a été réaffirmée par la loi de transformation de la fonction publique, qui imposait aux collectivités de se mettre en conformité. Dans la pratique, des écarts persistent.
Certaines collectivités territoriales avaient historiquement fixé des durées annuelles inférieures à 1 607 heures, via des accords locaux antérieurs à la réforme. Le réalignement a été progressif. La durée effective de présence peut rester inférieure à 1 607 heures dans les structures qui n’ont pas encore achevé cette mise en conformité ou qui compensent par des dispositifs internes (jours de sujétion, repos compensateurs spécifiques).
Pour un gestionnaire RH en collectivité, le calcul des jours travaillés 2026 ne peut donc pas se faire à partir d’un simple tableur national. Il faut partir de la délibération locale fixant le cycle de travail, y appliquer les 25 jours de congés, les éventuels jours de fractionnement, les RTT correspondant au cycle choisi et les jours fériés tombant un jour habituellement travaillé.
- Vérifier la délibération en vigueur sur le temps de travail et le nombre de RTT associés au cycle adopté.
- Identifier les jours fériés 2026 tombant sur un jour travaillé dans le cycle de l’agent (un férié le samedi n’a pas d’impact pour un agent en semaine de 5 jours).
- Intégrer la journée de solidarité, déjà incluse dans les 1 607 heures mais dont la modalité (jour travaillé supplémentaire ou suppression d’un RTT) varie selon les administrations.

Le chiffre de 227 jours travaillés, souvent cité pour 2026, correspond à une base privée 35 heures après déduction des congés légaux. Dans la fonction publique, ce nombre ignore le cycle de travail, les RTT, l’annualisation et les spécificités locales.
Un agent territorial à 38 heures avec fractionnement et ASA peut descendre sous les 200 jours réellement travaillés. Partir du volume de 1 607 heures et du cycle applicable reste la seule méthode fiable pour obtenir un décompte exact.

